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Le suremballage | Photo : expliquenoussimplement.blogspot.fr

Le suremballage, un fléau environnemental

Pour contenir, protéger, faciliter le transport ou déclencher l’achat du consommateur, l’emballage joue de multiples rôles dans la vie d’un produit mais il a aussi de lourdes conséquences pour l’environnement.

Alors que nous ne cessons de tirer la sonnette d’alarme notamment concernant le 7ème continent de plastique évoluant au nord de l’océan pacifique faisant six fois la taille de la France, le suremballage continue de faire rage dans les rayons de nos magasins. Mais dans quel camp est la balle pour changer les choses ?

Définition du suremballage

Pour que le consommateur puisse agir en évitant les produits suremballés il faut d’abord lui donner les bons repères afin de les identifier. Alors comment définir le suremballage ?

Il faut tout d’abord distinguer 3 types d’emballages ayant chacun un rôle à jouer dans la vie du produit.

  • L’emballage de vente : Il est conçu afin de constituer le produit final destiné au consommateur dans sa plus petite unité. C’est le cas par exemple du pot de yaourt.
  • L’emballage secondaire : c’est celui qui groupe un nombre d’articles définis. Il peut s’agir d’un pack destiné au consommateur (exemple : carton de 12 yaourts) ou destiné à la facilitation de l’approvisionnement des rayons (ex : pack de 6 bouteilles d’eau)
  • L’emballage de transport : il a pour but de rendre la manutention possible en limitant les dommages durant le transport.
Nous pouvons définir le suremballage comme un procédé visant à améliorer la protection d’un produit ou d’en améliorer l’impact visuel avec un emballage supplémentaire non nécessaire et ne modifiant pas sa conservation.

L’aspect marketing du suremballage est le plus souvent dénoncé. Il consiste à ajouter un emballage carton afin de faciliter l’identification visuelle de la marque par le consommateur et de jouer la carte de la différenciation vis à vis de la concurrence.

L’exemple le plus flagrant concerne probablement le rayon dentifrice de nos hypermarchés.

A quoi sert l’emballage carton des tubes si ce n’est la plus grande aisance pour une marque d’y inscrire son identité visuelle et d’y ajouter paillettes et effets visuels nous faisant croire à des dents plus blanches que blanches et une hygiène dentaire irréprochable ? N’oublions pas cependant l’aspect pratique de la boite rectangulaire plus facilement empilable dans les rayonnages.

En effet, l’emballage est la première vision que nous avons d’un produit et pour hélas beaucoup de consommateurs, l’esthétique d’un produit est souvent synonyme de qualité. Le choix du packaging est un des points d’honneur du marketing. Véritable atout de séduction, il permet d’innover dans des domaines où l’innovation n’est plus possible ! Cela est devenu possible en jouant sur l’utilisation que nous avons du produit plutôt que sur le produit en lui-même, par exemple en ajoutant un bec verseur, une poignée ou un verre doseur.

Le conditionnement joue également son rôle sur la façon dont nous consommons un produit. La taille de verre doseur, la quantité présente dans une portion individuelle fait sensiblement varier les proportions dans lesquelles nous l’utilisons. Retenons ce vieil adage entendu en formation de marketing : « plus le trou du tube de dentifrice est gros, plus on en met sur la brosse à dents ! »

Autre point important, la capacité pour un emballage de véhiculer des valeurs a une marque. Il va sans dire qu’un packaging de lessive vert avec des arbres ou des petites fleurs nous fait penser à un produit d’entretien respectueux de l’environnement et fabriqué à partir de produits naturels. Et pourtant… L’écoblanchiement ou greenwashing, phénomène qui consiste à jouer la carte de l’écologie sans forcément en respecter les règles, est une tendance de plus en plus courante dans les rayons de nos magasins.

A qui d’agir pour éviter le suremballage ?

Tous les acteurs de la chaîne peuvent agir pour réduire la quantité de déchets générés par le conditionnement des produits de consommation.

Tout d’abord nous, consommateurs, en restant vigilants et en évitant l’achat de produits suremballés. Favoriser l’achat des formats familiaux et éviter les portions individuelles (biscuits, fromages, etc), préférer les produits rechargeables et l’achat en vrac (notamment pour les fruits ou légumes) sont de bonnes pistes pour éviter de faire déborder nos poubelles.

Ensuite c’est au tour des distributeurs qui petit à petit devront refuser les produits suremballés.

Et enfin les fabricants, qui devront prendre conscience que le suremballage peut jouer en leur défaveur vis à vis des consommateurs avertis.

En conclusion

Le suremballage est un réel problème dans notre mode de consommation mais il est possible d’y parer en adoptant de bons réflexes et en exerçant notre œil à identifier les produits sources d’un grand nombre de déchets inutiles.

Chaque consommateur peut agir à son échelle, faisant ainsi poids sur les distributeurs et fabricants qui devront adapter leurs méthodes de conditionnement aux nouvelles habitudes d’achat.

Retenons que même si certains conditionnements permettent d’assurer une meilleure conservation l’aspect de l’emballage d’un produit ne garantit en rien sa qualité, que de ne pas subir le mensonge de l’étiquette (pensez aux « suggestion de présentation »…) permet d’éviter bien des pièges dans notre décision d’achat.

A propos de Florian

L’écologie a longtemps été un mystère pour moi. Puis j’ai réalisé qu’avec de petites actions au quotidien et un changement des habitudes il était possible de déplacer des montagnes. J’ai créé Nature Obsession en espérant répandre ce virus vert au plus grand nombre !

6 commentaires

  1. Très bien expliqué ! Je pense sincèrement que les distributeurs et les fabricants devront faire face dans un proche avenir au changement de comportement des consommateurs. J’en profite pour vous montrer un très mauvais exemple : http://www.lemballageecologique.com/actualites/quand-l-emballage-plastique-pour-banane-vient-proteger-l-emballage-organique-naturel/

  2. Pas totalement d’accord. Mieux vaut des produits parfois sur-emballées, mais qui au final nous font moins consommer, donc moins dépenser, et qui au final sont positifs quand même coté emballage.
    Je m’explique : je suis plutôt un gros mangeur, et je ne suis pas le seul dans ce cas. Si j’achète un gâteau (genre savane), il est mangé en 48 heures (et encore…). Si j’achète le même poids de gâteau mais sur-emballé (en 10 portions par exemple) ça va plutôt me durer 6 jours. Résultat je consomme 3 gâteau pas sur-emballés alors que dans le même temps je consomme plutôt 1 seul achat sur-emballés… résultat le sur-emballage dans ce cas, dépense en réalité moins d’emballage, moins d’argent, et c’est meilleur pour ma santé.

    • En achetant le type de produit dont vous parlez et en sachets individuels, vous ne faîtes aucune économie et payez tout simplement votre produit plus cher… Il faut toujours bien regarder les étiquettes de prix 😉

    • Désolé Nicolas mais je suis plutôt d’accord avec Laurent…
      Vous le payez forcément, il suffit de regarder le prix au kilo

    • Bonjour,
      Je suis aussi d’accord avec Florian et Laurent et plus je vais de l’avant et je constate malheureusement que nos déchets prennent toujours plus d’ampleur et on ne cherche pas à changer nos comportements face à nos fâcheuses habitudes qui perdurent. La preuve : un produit suremballé pour protéger quoi ??? Nos envies, nos besoins ou dénoncer un surplus de protection ou plutôt de prix !! Chaque fois que je me rends dans une grande surface pour faire mes achats et que je suis obligée d’emballer mes fruits et légumes dans des sachets en plastique, afin d’y apposer l’étiquette du no. du produit et du prix, me pose réellement un problème!!! Pourquoi n’avons-nous pas gardé les sachets en papier des années 60-70 voire 80 qui gardaient aussi bien la fraîcheur des aliments que celle des sachets plastiques ?? La bouteille en verre est bien encore actuelle, pourquoi pas l’emballage papier? Ne pourrait-on pas y revenir, ce d’autant plus que ces plastiques-là demandent près de 450 ans pour disparaître. Alors ne vaudrait-il pas la peine… d’y penser pour l’avenir des êtres futurs!!! Salutations.

  3. En effet le sur-emballage et le plastique n’ont plus leurs raisons d’être! Je garde espoir, tous dans la même direction, nous réussirons!!
    carole

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