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Proposer à ses clients d'emporter les restes de leur repas dans une petite boîte Trop bon pour gaspiller est désormais possible | Photo : LP/PHILIPPE LAVIEILLE

Une boîte pour dire stop au gaspillage alimentaire : Trop bon pour gaspiller

Le 1er janvier 2016 a été marqué par l’entrée en vigueur du Plan anti-gaspillage alimentaire et de la loi sur les biodéchets. Des décisions qui mettent le doggy bag sous le feu des projecteurs.

Si le Plan anti-gaspi du gouvernement signé mi-juin 2013 et la la loi sur les biodéchets votée en 2010 annonçaient initialement l’obligation des restaurateurs à proposer un doggy bag à leurs clients, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) rappelle qu’il n’en est rien.

A ce jour, seuls les restaurants comptabilisant environ 180 repas quotidiens ont l’obligation de trier et valoriser leurs déchets alimentaires sous peine de voir infliger de lourdes amendes.

Le Doggy Bag pas obligatoire mais vivement recommandé

Pour rappel, le doggy bag permet d’emporter ses restes au lieu de les laisser dans son assiette au restaurant et de les voir finir à la poubelle.

Pourquoi cette pratique peine-t-elle à s’imposer en France alors qu’elle s’inscrit parfaitement dans la mise en place du Plan anti-gaspi proposé par le gouvernement ?

Une pratique qui a du mal à s’imposer en France

Bernard Boutboul, directeur général du cabinet spécialisé du marché de la Consommation Alimentaire Hors Domicile Gira Conseil, évoque une certaine gêne des consommateurs à demander d’emporter leurs restes.

Il rappelle également que ce n’est pas la première fois que le doggy bag connaît un regain d’intérêt en France. Plusieurs tentatives ont été effectuées dans les années 90 puis 2000 mais sont toutes restées stériles.

Et pourtant, de récentes études affichent des chiffres accablants :

  • 14% de déchets alimentaires sont générés chaque année uniquement par les restaurants,
  • sur chaque repas pris par un client de restaurant, entre 210 et 230 grammes de nourriture sont perdus,
  • les français jettent en moyenne 20 kg de nourriture par an

Des mentalités qui évoluent ?

Il est intéressant de noter les contradictions relevées par plusieurs études. Par exemple, l’étude menée par la DRAAF (Direction de l’alimentation) auprès de 2.700 consommateurs nous indique que 95% des personnes interrogées sont prêtes à utiliser le sac à emporter.

De l’autre coté, le sondage YouGov réalisé à l’initiative de 20 minutes indique que 55% des Français déclarent n’avoir jamais recouru au doggy bag. Parmi eux, les réponses les plus souvent données sont :

  • 15% des personnes interrogées pensent qu’il s’agit d’une pratique qui fait « radin »,
  • 33,8% des interrogées pensent que le doggy bag est tout bonnement inutile.

Heureusement, face à cela, 23,6% des français sondés affirment y avoir recours occasionnellement et 5,3% aussi souvent que possible et 90% pensent que le doggy bag est un bon moyen pour lutter contre le gaspillage! Ouf !

La ville de Paris mène l’expérience du doggy bag dans 100 restaurants

A l’occasion de la COP 21, la Ville de Paris lançait le 10 décembre 2015 la « box anti-gaspi » dans une centaine de restaurants de la capitale. Première collectivité signataire du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, la ville de Paris s’évertue à sensibiliser le grand public avec pour objectif la réduction de moitié du gaspillage alimentaire d’ici 2025.

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100 restaurants de la capitale proposent désormais la box anti-gaspi

Une initiative tout à fait honorable mais dont l’aboutissement est discutable. Détails importants, le doggy bag à la française sélectionné pour cette opération n’est pas compostable et est de plus doublé d’un film PET.

Rappelons tout de même que le PET est un plastique issu du pétrole, un combustible fossile ; Qu’il est soupçonné d’être un carcinogène humain ; que de nombreux exemples de contamination des aliments lorsque les produits sont chauffés dans un contenant en PET sont nombreux.

Un choix donc tout à fait discutable lorsqu’on se lance dans une campagne de sensibilisation et d’action contre le réchauffement climatique. Ce n’est pas Laurent Calvayrac, fondateur de l’Emballage Vert, qui me dira le contraire. Pour preuve, je lui laisse la parole.

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Trop bon pour gaspiller, un doggy bag sans PET et entièrement recyclable.

Laurent Calvayrac nous parle du doggy-bag qu’il a créé : Trop bon pour gaspiller

Bonjour Laurent, il a déjà été question de l’Emballage Vert sur ce blog lors dans un article consacré à ConsoVrac. Pour rappel, il s’agit d’une application gratuite qui permet de localiser les commerces qui proposent la vente en vrac à proximité de chez soi. Mais concentrons-nous aujourd’hui sur l’Emballage Vert et la boîte anti-gaspillage alimentaire que vous avez conçu : Trop bon pour gaspiller

Tout d’abord, qu’est que l’Emballage Vert et quel est son objectif ?

L’EMBALLAGE VERT distribue des produits et/ou services dans le domaine de l’emballage avec pour principal mission la réduction des déchets.

Comment vous est venue l’idée de la boîte Trop bon pour gaspiller ?

Après avoir habité 5 ans en Amérique du Nord, j’ai été étonné de constater que la pratique du doggy bag n’existait pas en France ou pratiquement pas en tout cas. Voir de la nourriture consommable partir à la poubelle m’horripile. Et malheureusement, c’est souvent le cas dans la restauration française et dans d’autres pays européens.

Un petit sondage via mon blog m’a permis de savoir que plus de 80% des personnes sondées (des consommateurs) désiraient voir la pratique du doggy bag se démocratiser en France. J’ai donc répondu à cette demande en créant la boîte Trop Bon Pour Gaspiller.

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Le nom Trop Bon Pour Gaspiller n’a pas été choisi au hasard, pensez-vous que le terme Doggy-bag est un frein au développement de cette pratique pourtant courante outre-atlantique et outre-Manche ?

Je dirai oui et non. Oui pour les restaurateurs et ils ont tout à fait raison. Traduit littéralement, doggy bag veut dire « sac à chien ». Ça date de l’après guerre quand même ! Ce n’est donc guerre élégant et valorisant pour un restaurateur d’utiliser ce terme dans son établissement, quelque soit sa catégorie. Le nom de notre boîte lui se veut simple et compréhensif. De la bonne nourriture ne se jette pas à la poubelle…

Non pour les consommateurs car très sincèrement ils s’en fichent. La preuve est que ce type d’emballage se développe en France avec plein d’appellations différentes. Soit pour se démarquer de la concurrence, soit pour se démarquer d’une autre région que la sienne. Le consommateur lui veut pouvoir emporter les restes de son repas quant il le désire, c’est tout.

A qui s’adresse votre boîte anti-gaspi ? Au restaurateur uniquement ?

Elle s’adresse avant tout aux restaurateurs et aux collectivités qui adhèrent à notre initiative et qui pensent aussi à l’environnement. Ceux qui souhaitent démocratiser cette pratique avec un emballage « écohérent » comme je le rappelle très souvent. Lutter contre le gaspillage alimentaire c’est aussi agir pour la réduction des déchets. Ce n’est pas de les augmenter. Malheureusement, beaucoup de professionnels se sont lancés dans le domaine avec des emballages peu respectueux de l’environnement.

Lorsque vous leur présentez votre produit, les restaurateurs sont-ils sensibles à la problématique du gaspillage alimentaire ?

Oui ils sont sensibles mais peu d’entre eux osent avouer qu’ils gaspillent. Ce n’est pas le genre de chose facile à admettre et à avouer lorsqu’ils sont questionnés sur le sujet. En revanche, si vous discutez avec les serveurs le discours est tout autre. Cela nous motive encore plus à instaurer définitivement cette pratique en France.

J’ai constaté que vous étiez engagé dans la lutte contre les déchets, ne pensez-vous pas qu’à terme, un client de restaurant puisse apporter sa propre boîte anti-gaspi réutilisable et repartir avec ?

Personnellement, je ne suis pas dans l’extrême et je ne me vois pas me balader avec une boîte réutilisable pour récupérer les restes de mon assiette. Et même avec un système de consigne, cela m’obligerai à revenir au restaurant. Donc non je n’y crois pas. En tout cas pour l’instant.

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En attendant, pouvez-vous me dire quels sont les plus de la boîte anti-gaspillage que vous commercialisez ?

C’est la boîte la plus écologique sur le marché et qui ne surfe pas uniquement sur la tendance. Contrairement à ses concurrentes, notre boîte ne contient pas de plastique ni de film plastique. Sa composition est issue d’un seul matériau noble : le bois.

Au delà du fait qu’elle aille aussi bien au four à micro-ondes qu’au four traditionnel, elle est recyclable et compostable. Les impressions sont également réalisées avec des encres naturelles à base d’eau.

Un autre plus : le restaurateur à la possibilité d’y apposer sa carte de visite afin que ses clients ne l’oublie pas !

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Comme dit plus haut, vous aviez répondu à l’appel d’offre de la ville de Paris pour le lancement de « la box anti-gaspi » lors de la COP 21. Votre doggy-bag à la française n’a pas été retenu. Savez-vous pourquoi n’a-t-elle pas séduit les décisionnaires ?

Permettez-moi de vous contredire 😉 La boîte a séduit les décisionnaires. Mais la ville de Paris a préféré faire un choix de partenariat plutôt qu’un choix écologique. C’est d’autant plus inquiétant et navrant quand on sait que la personne en charge de ce projet fait partie d’un parti politique étiqueté « vert ».

En tout cas, je souhaite bonne chance à la boite Trop Bon Pour Gaspiller et je suis sûr que vous avez déjà un autre projet à venir. Vous me donnez un indice ?

Merci beaucoup ! Alors voici un indice : un emballage astucieux à venir avant la fin de l’année. Je n’en dis pas plus !

Je remercie Laurent Calvayrac d’avoir répondu à mes questions et vous laisse découvrir la boîte anti-gaspi Trop bon pour gaspiller en vidéo :

A propos de Florian

L'écologie a longtemps été un mystère pour moi. Puis j'ai réalisé qu'avec de petites actions au quotidien et un changement des habitudes il était possible de déplacer des montagnes. J'ai créé Nature Obsession en espérant répandre ce virus vert au plus grand nombre !

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